Notre histoire

Deux régions, un même héritage.

Les liens entre la Wallonie et le Wisconsin ne datent pas d'hier : ils remontent à 1853, quand des familles wallonnes traversèrent l'Atlantique pour bâtir une nouvelle vie. Cette mémoire, nous la faisons vivre.

  1. 1853

    Le grand départ

    Fuyant la misère agricole, l'épidémie de mildiou et la crise du blé, des familles brabançonnes et nord-namuroises répondent aux affiches des agents maritimes : le commerce des bateaux qui emmènent les migrants loin d'Europe est alors à son apogée. Elles embarquent à Anvers pour l'Amérique, poussées par l'espoir d'atteindre une terre où l'on parle français. Après 5 à 8 semaines de traversée puis 1 600 km depuis New York — train jusqu'à Chicago, vapeur sur le lac Michigan jusqu'à Green Bay — elles posent le pied au Wisconsin. Ce n'est pas ici qu'on parle français ; c'est pourtant là que les mène le voyage.

  2. 1855-1858

    L'enracinement wallon

    L'émigration s'intensifie. Les familles s'installent dans les comtés de Door, Brown et Kewaunee et fondent les villages de Champion, Brussels, Namur, Rosière, Walhain, Misère, Grand-Leez et Martinville. Le voyage est impitoyable : beaucoup d'enfants meurent durant la traversée ou peu après l'arrivée. Enterrés au Wisconsin, ils lient pour toujours leurs parents à ce sol, et ces familles décident de s'y fixer plutôt que de repartir plus à l'ouest. Le wallon, langue du quotidien, s'installe avec elles — il s'y maintiendra, presque intact, pendant près d'un siècle.

  3. Années 1860

    Nouvelles du Wisconsin

    Quelques années plus tard, des lettres arrivées du Wisconsin révèlent que certains Wallons y ont fait fortune en deux ou trois ans. Le bruit court, de nouvelles familles tentent l'aventure. Mais d'autres, à qui le « Vî Payis » manque trop ou qui ne parviennent pas à s'intégrer, choisissent de rentrer en Belgique. Ainsi naît un premier va-et-vient entre les deux rives de l'Atlantique.

  4. Décennies de silence

    Un lien qui s'assoupit

    Deux guerres mondiales et l'éloignement des générations distendent les liens directs entre le « Vî Payis » et le « Noû Payis ». Mais au Wisconsin, dans les fermes et les églises de Door, Brown et Kewaunee, le wallon continue de se transmettre à voix basse, de génération en génération — un fil ténu qui va bientôt ressurgir au grand jour.

  5. 1945-1954

    Les premières retrouvailles

    Après la Libération, des soldats américains parlant wallon à Grez-Doiceau étonnent les habitants : ce sont les petits-enfants des émigrés. Les échanges épistolaires reprennent, relayés par la presse (Vers l'Avenir, La Libre Belgique) et par Radio Namur en décembre 1953.

  6. Avril 1972

    Le grand retour

    180 Américains, descendants des émigrés wallons, reviennent au pays de leurs ancêtres à l'initiative d'Austin Allard et du « Peninsula Belgian American Club ». Accueillis à l'hôtel de ville de Namur, ils redécouvrent leurs racines en wallon, entre chants folkloriques et pèlerinages familiaux.

  7. Novembre 1974

    Naissance de l'ASBL

    L'Association Wallonie-Wisconsin est officiellement fondée pour resserrer les liens de parenté et d'amitié entre les Wallons du « Vî Payis » et ceux du « Noû Payis ». Les statuts sont signés par J. Desmet, J. Ferir, P. Gille, C. Henriet, L. Léonard et leurs compagnons.

  8. Juillet 1975

    Premier voyage des Belges

    243 Belges s'envolent vers le Wisconsin — un avion entier réservé pour l'occasion. Un curé pour célébrer les messes en wallon, la chorale Dorinne, les danseurs « Masuis et Cotelis » de Jambes et Bob Deschamps accompagnent le voyage. Accueil chaleureux à Green Bay et défilé du Belgian Day à Brussels.

  9. 1980-2000

    Un lien qui s'institutionnalise

    Voyages réguliers, mariages transatlantiques, jumelages officiels entre villages homonymes de Belgique et du Wisconsin : la relation quitte le cadre des retrouvailles ponctuelles pour devenir une tradition organisée, portée par des générations qui n'ont pourtant jamais vécu la traversée fondatrice.

  10. Aujourd'hui

    Un pont vivant

    Dons pour la restauration de la chapelle Notre-Dame-des-Neiges (Belgian Heritage Center à Namur, WI), « clone » des géants de Walhain défilant au Belgian Day à Brussels, pierre de Gobertange offerte à Namur (WI) : chaque génération transmet la flamme. Plus de 15 000 immigrants et leurs descendants ont façonné la culture des comtés de Door, Kewaunee et Brown — et, plus de 170 ans après le grand départ de 1853, les anciens parlent encore wallon au Wisconsin.

Grand-Place de Bruxelles
Grand-Place · Bruxelles
Capitole du Wisconsin à Madison
Capitole de l'État · Madison, Wisconsin

« Chaque génération transmet la flamme. C'est ainsi qu'un lien devient un héritage. »